La france à garibaldi

By Gustave Labourt

Written 1871-01-01 - 1871-01-01

Toi qui viens de saisir ta brave et fière épée,

Pour tâcher de venger la France ensanglantée…

Tu fis pour la sauver un effort surhumain !

Et semblable à ce noble et sublime romain…

Lorsque ton dévouement nous devient inutile,

Méprisant les honneurs tu rentres dans ton île

Laissant les orgueilleux rêver d'ambitions.

Ton rêve, à toi, ce fut le bonheur des nations.

Oui ! tu rêvais la paix, tu détestais la guerre.

Va, nous le savons tous… Tu voulais sur la terre

Voir cesser la discorde ! et voir l'humanité

Ne former qu'un grand peuple… où la fraternité

Pût régner seule ! Enfin tu voulais, bon génie,

Sous ton talon de fer briser la tyrannie !!

Garibaldi n'est pas un vulgaire soldat,

Car ce n'est qu'aux tyrans qu'il a livré combat !

Un seul mot doit le peindre, et je n'en veux pas d'autre !

On dit c'est un héros ! Je dis, c’est un apôtre !

son cri de ralliement le voici : Dieu puissant

Donne la liberté ! mais sans verser de sang !

N'est-il pas incroyable à l'époque où nous sommes

De penser que l'on peut faire tuer des hommes ?

Où donc est la science ? où donc est le progrès ?

Si nous nous égorgeons entre nous sans regrets !

Laissons à d'autres temps un moyen si sauvage

Et par l'intelligence écrasons l'esclavage !

Merci Garibaldi ! Merci ! C'est notre France

Qui te dit par ma voix, que sa reconnaissance

Est éternelle ! e pas un Français n'oubliera

Le nom du grand héros qui vit à Caprera !

C'est un enfant de Nice, à Nice il a grandi !

C'est un enfant de Nice, à Nice il a grandi !

Elle a droit d'être fière ! Une aussi grande gloire !

Est une belle page au livre de l'histoire !

Ta vie avec ton sang, tu nous l'offrais, grand cœur,

Pour sauver notre France et venger notre honneur !

Oui ! nous devons l'aimer jusqu'à l'idolâtrie !

Le pays qu'on écrase est toujours ta patrie !

Tu sauves l'opprimé, tu combats les tyrans

Et tes braves soldats s'appellent tes enfants !

Puis quand on veut payer ton sublime courage

Tu vas cancer ta gloire au fond d'un hermitage,

Tu n'entends plus là-bas retentir le canon.

Mais des échos de gloire ont répété ton nom !

Il n'est plus désormais qu'un cri dans notre France.

Cri parti de nos cœurs pleins de reconnaissance

Et qui retentira du nord jusqu'au midi.

Vive la liberté ! Vive Garibaldi.