La france à garibaldi
Written 1871-01-01 - 1871-01-01
Toi qui viens de saisir ta brave et fière épée,
Pour tâcher de venger la France ensanglantée…
Tu fis pour la sauver un effort surhumain !
Et semblable à ce noble et sublime romain…
Lorsque ton dévouement nous devient inutile,
Méprisant les honneurs tu rentres dans ton île
Laissant les orgueilleux rêver d'ambitions.
Ton rêve, à toi, ce fut le bonheur des nations.
Oui ! tu rêvais la paix, tu détestais la guerre.
Va, nous le savons tous… Tu voulais sur la terre
Voir cesser la discorde ! et voir l'humanité
Ne former qu'un grand peuple… où la fraternité
Pût régner seule ! Enfin tu voulais, bon génie,
Sous ton talon de fer briser la tyrannie !!
Garibaldi n'est pas un vulgaire soldat,
Car ce n'est qu'aux tyrans qu'il a livré combat !
Un seul mot doit le peindre, et je n'en veux pas d'autre !
On dit c'est un héros ! Je dis, c’est un apôtre !
son cri de ralliement le voici : Dieu puissant
Donne la liberté ! mais sans verser de sang !
N'est-il pas incroyable à l'époque où nous sommes
De penser que l'on peut faire tuer des hommes ?
Où donc est la science ? où donc est le progrès ?
Si nous nous égorgeons entre nous sans regrets !
Laissons à d'autres temps un moyen si sauvage
Et par l'intelligence écrasons l'esclavage !
Merci Garibaldi ! Merci ! C'est notre France
Qui te dit par ma voix, que sa reconnaissance
Est éternelle ! e pas un Français n'oubliera
Le nom du grand héros qui vit à Caprera !
C'est un enfant de Nice, à Nice il a grandi !
C'est un enfant de Nice, à Nice il a grandi !
Elle a droit d'être fière ! Une aussi grande gloire !
Est une belle page au livre de l'histoire !
Ta vie avec ton sang, tu nous l'offrais, grand cœur,
Pour sauver notre France et venger notre honneur !
Oui ! nous devons l'aimer jusqu'à l'idolâtrie !
Le pays qu'on écrase est toujours ta patrie !
Tu sauves l'opprimé, tu combats les tyrans
Et tes braves soldats s'appellent tes enfants !
Puis quand on veut payer ton sublime courage
Tu vas cancer ta gloire au fond d'un hermitage,
Tu n'entends plus là-bas retentir le canon.
Mais des échos de gloire ont répété ton nom !
Il n'est plus désormais qu'un cri dans notre France.
Cri parti de nos cœurs pleins de reconnaissance
Et qui retentira du nord jusqu'au midi.
Vive la liberté ! Vive Garibaldi.