La gloire du val-de-grace

By Jean-Baptiste Poquelin

Written 1672-01-01 - 1672-01-01

Digne fruit de vingt ans de travaux somptüeus ;

Auguste Bastiment, Temple majestüeus,

Dont le Dôme superbe, élevé dans la nue,

Pare du grand Paris la magnifique veue,

Et, parmi tant d'objets semez de toutes parts,

Du Voyageur surpris prend les premiers regards,

Fais briller à jamais, dans ta noble richesse,

La splendeur du saint vœu d'une grande Princesse,

Et porte un témoignage à la Postérité

De Sa Magnificence et de sa Piété ;

Conserve à nos Neveux une montre ridelle

Des exquises beautez que tu tiens de son zèle,

Mais défens bien sur-tout de l'injure des ans

Le Chef-d'œuvre fameux de ses riches Présens,

Cet éclatant morceau de sçavante Peinture,

Dont elle a couronné ta noble Architecture ;

C'est le plus bel effet des grands soins qu'Elle a pris,

Et ton marbre et ton or ne sont point de ce pris.

Toy, qui dans cette Coupe, à ton vaste génie

Comme un ample théâtre heureusement fournie,

Es venu déployer les précieus trésors

Que le Tibre t'a veu ramasser sur ses bords ;

Dy-nous, fameux Mignard, par qui te sont versées

Les charmantes beautez de tes nobles pensées ;

Et dans quel fonds tu prens cette variété,

Dont l'esprit est surpris, et l'œil est enchanté.

Dy-nous quel feu divin, dans tes fécondes veilles ;

De tes expressions enfante les merveilles,

Quels charmes ton pinceau répand dans tous ses traits,

Quelle force il y mesle à ses plus doux attraits,

Et quel est ce pouvoir, qu'au bout des doigts tu portes,

Qui fait faire à nos yeux vivre des choses mortes,

Et, d'un peu de mélange et de bruns et de clairs,

Rendre esprit la couleur, et les pierres des chairs.

Tu te tais, et prétens que ce sont des matières

Dont tu dois nous cacher les scavantes lumières,

Et que ces beaux secrets, à tes travaux vendus,

Te coustent un peu trop pour estre répandus ;

Mais ton Pinceau s'explique, et trahit ton silence ;

Malgré toy, de ton art il nous fait confidence,

Et, dans ses beaux efforts à nos yeux étalez,

Les mystères profonds nous en sont révélez.

Une pleine lumière icy nous est offerte,

Et ce Dôme pompeux est une École ouverte,

Où l'ouvrage, faisant l'office de la voix,

Dicte de ton grand Art les souveraines loix.

Il nous dit fortement les trois nobles Parties

Qui rendent d'un Tableau les beautés assorties,

Et dont, en s'unissant, les talens relevez

Donnent à l'Univers les Peintres achevez.

Mais des trois, comme Reine, il nous expose celle

Que ne peut nous donner le travail, ny le zèle,

Et qui, comme un présent de la faveur des Cieux,

Est du nom de Divine appelée en tous lieux ;

Elle, dont l'essor monte au-dessus du tonnerre,

Et sans qui l'on demeure à ramper contre terre,

Qui meut tout, règle tout, en ordonne à son choix,

Et des deux autres mène et régit les emplois.

Il nous enseigne à prendre une digne matière,

Qui donne au feu du Peintre une vaste carrière,

Et puisse recevoir tous les grands ornemens,

Qu'enfante un beau Génie en ses accouchemens,

Et dont la Poésie et sa Sœur, la Peinture,

Parent l'instruction de leur docte imposture ;

Composent avec art ces attraits, ces douceurs,

Qui font à leurs leçons un passage en nos cœurs ;

Et par qui, de tout temps, ces deux Sœurs si pareilles

Charment, l'une les yeux, et l'autre les oreilles.

Mais il nous dit de fuir un discord apparent

Du lieu que l'on nous donne, et du sujet qu'on prend,

Et de ne point placer dans un Tombeau des Festes,

Le Ciel contre nos piez, et l'Enfer sur nos testes.

Il nous apprend à faire, avec détachement,

De groupes contrastez un noble ageancement,

Qui, du champ du Tableau fasse un juste partage

En conservant les bords un peu légers d'ouvrage,

N'ayant nul embarras, nul fracas vicieux

Qui rompe ce repos si fort amy des yeux ;

Mais où, sans se presser, le groupe se rassemble

Et forme un doux concert, fasse un beau tout-ensemble,

Où rien ne soit à l'œil mandié, ny redit,

Tout s'y voyant tiré d'un vaste fonds d'esprit,

Assaisonné du sel de nos grâces antiques,

Et non du fade goust des ornemens Gothiques ;

Ces monstres odieux des siècles ignorans,

Que de la Barbarie ont produit les torrens,

Quand leur cours, inondant presque toute la Terre,

Fit à la Politesse une mortelle guerre

Et, de la grande Rome abbatant les remparts,

Vint, avec son empire, étouffer les Beaux-Arts.

Il nous montre à poser, avec noblesse et grâce,

La première Figure à la plus belle place,

Riche d'un agrément, d'un brillant de grandeur

Qui s'empare d'abord des yeux du Spectateur ;

Prenant un soin exact que, dans tout son ouvrage,

Elle joue aux regards le plus beau personnage,

Et que, par aucun rôle, au spectacle placé,

Le Héros du Tableau ne se voye effacé.

Il nous enseigne à fuir les ornemens débiles

Des épisodes froids et qui sont inutiles ;

A donner au sujet toute sa vérité ;

A lui garder par tout pleine fidélité,

Et ne le point porter à prendre de licence,

A moins qu'à des beautez elle donne naissance.

Il nous dicte amplement les leçons du Dessein,

Dans la manière Grecque, et dans le goust Romain ;

Le grand choix du beau vray, de la belle nature,

Sur les restes exquis de l'antique sculpture,

Qui, prenant d'un sujet la brillante beauté,

En sçavoit séparer la foible vérité,

Et, formant de plusieurs une beauté parfaite,

Nous corrige par l'Art la Nature qu'on traite.

Il nous explique à fond, dans ses instructions,

L'union de la Grâce et des Proportions ;

Les Figures par tout doctement dégradées,

Et leurs extrémitez soigneusement gardées ;

Les contrastes sçavans des membres agroupez,

Grands, nobles, étendus, et bien dévelopez,

Balancez sur leur centre, en beautés d'attitude

Tous formez l'un pour l'autre avec exactitude,

Et n'offrant point aux yeux ces galimathias

Où la teste n'est point de la jambe, ou du bras ;

Leur juste attachement aux lieux qui les font naistre,

Et les muscles, touchez autant qu'ils doivent l'estre ;

La beauté des contours observez avec soin,

Point durement traitez, amples, tirez de loin,

Inégaux, ondoyans, et tenans de la flâme,

Afin de conserver plus d'action et d'âme ;

Les nobles airs de tête amplement variez,

Et tous au caractère amplement mariez.

Et c'est-là qu'un grand Peintre, avec pleine largesse,

D'une féconde idée étale la richesse,

Faisant briller par tout de la diversité,

Et ne tombant jamais dans un air répété.

Mais un Peintre commun trouve une peine extrême

A sortir, dans ses airs, de l'amour de soy-mesme ;

De redites sans nombre il fatigue les yeux,

Et, plein de son image, il se peint en tous lieux.

Il nous enseigne aussi les belles draperies,

De grands plis bien jetez suffisamment nourries,

Dont l'ornement aux yeux doit conserver le nû,

Mais qui, pour le marquer, soit un peu retenu,

Qui ne s'y colle point, mais en suive la grâce,

Et, sans la serrer trop, la caresse et l'embrasse.

Il nous montre à quel air, dans quelles actions

Se distinguent à l'œil toutes les passions ;

Les mouvemens du cœur, peints, d'une adresse extrême,

Par des gestes puisez dans la passion mesme,

Bien marquez pour parler, appuyés, forts et nets ;

Imitans en vigueur les gestes des Muets,

Qui veulent réparer la voix que la Nature

Leur a voulu nier ainsi qu'à la Peinture.

Il nous étale enfin les mystères exquis

De la belle Partie où triompha Zeuxis

Et qui, le revestant d'une gloire immortelle,

Le fit aller du pair avec le grand Apelle ;

L'union, les concerts, et les tons des couleurs,

Contrastes, amitiez, ruptures et valeurs,

Qui font les grands effets, les fortes impostures,

L'achèvement de l'Art, et l'âme des Figures.

Il nous dit clairement dans quel choix le plus beau

On peut prendre le jour et le champ du Tableau ;

Les distributions et d'ombre, et de lumière,

Sur chacun des objets et sur la masse entière ;

Leur dégradation dans l'espace de l'air

Par les tons différens de l'obscur et du clair,

Et quelle force il faut aux objets mis en place

Que l'approche distingue et le lointain efface ;

Les gracieux repos que, par des soins communs,

Les bruns donnent aux clairs, comme les clairs aux bruns ;

Avec quel agrément d'insensible passage

Doivent ces opposez entrer en assemblage ;

Par quelle douce cheute ils doivent y tomber,

Et, dans un milieu tendre, aux yeux se dérober ;

Ces fonds officieux qu'avec art on se donne,

Qui reçoivent si bien ce qu'on leur abandonne ;

Par quels coups de pinceau, formant de la rondeur,

Le Peintre donne au plat le relief du Sculpteur ;

Quel adoucissement des teintes de lumière

Fait perdre ce qui tourne et le chasse derrière,

Et comme, avec un champ fuyant, vague et léger,

La fierté de l'obscur sur la douceur du clair,

Triomphant de la toile, en tire avec puissance

Les Figures que veut garder sa résistance,

Et, malgré tout l'effort qu'elle oppose à ses coups,

Les détache du fond, et les amesne à nous.

Il nous dit tout cela, ton admirable ouvrage ;

Mais, illustre Mignard, n'en prens aucun ombrage,

Ne crains pas que ton art, par ta main découvert,

A marcher sur tes pas tienne un chemin ouvert,

Et que de ses leçons les grands et beaux oracles

Élèvent d'autres mains à tes doctes miracles.

Il y faut des talens que ton mérite joint,

Et ce sont des secrets qui ne s'apprennent point.

On n'acquiert point, Mignard, par les soins qu'on se donne

Trois choses, dont les dons brillent dans ta personne,

Les passions, la grâce, et les tons de couleur,

Qui des riches Tableaux font l'exquise valeur ;

Ce sont présens du Ciel, qu'on voit peu qu'il assemble,

Et les Siècles ont peine à les trouver ensemble.

C'est par-là qu'à nos yeux nuls travaux enfantez

De ton noble travail n'atteindront les beautez ;

Malgré tous les pinceaux, que ta Gloire réveille,

Il sera de nos jours la fameuse merveille,

Et des bouts de la Terre, en ces superbes lieux,

Attirera les pas des sçavans curieux.

O vous, dignes objets de la noble tendresse

Qu'a fait briller pour vous cette Auguste Princesse,

Dont au grand Dieu naissant, au véritable Dieu,

Le zèle magnifique a consacré ce lieu,

Purs Esprits, où du Ciel sont les grâces infuses,

Beaux temples des Vertus, admirables Recluses,

Qui, dans votre retraite, avec tant de ferveur,

Meslez parfaitement la retraite du cœur,

Et, par un choix pieux hors du Monde placées,

Ne détachez vers luy nulle de vos pensées,

Qu'il vous est cher d'avoir sans cesse devant vous

Ce tableau de l'objet de vos vœux les plus doux ;

D'y nourrir par vos yeux les précieuses flâmes

Dont si fidellement brûlent vos belles âmes ;

D'y sentir redoubler l'ardeur de vos désirs ;

D'y donner à toute heure un encens de soupirs,

Et d'embrasser du cœur une image si belle

Des célestes beautés de la Gloire éternelle,

Beautés qui dans leurs fers tiennent vos libertez,

Et vous font mépriser toutes autres beautez !

Et toi, qui fus jadis la Maistresse du Monde,

Docte et fameuse École, en raretez féconde,

Où les Arts déterrez ont, par un digne effort,

Réparé les dégâts des Barbares du Nort,

Source des beaux débris des siècles mémorables,

O Rome, qu'à tes soins nous sommes redevables

De nous avoir rendu, façonné de ta main,

Ce grand Homme, chez toy devenu tout Romain,

Dont le pinceau célèbre, avec magnificence,

De ses riches travaux vient parer nostre France,

Et dans un noble lustre y produire à nos yeux

Cette belle Peinture inconnue en ces lieux,

La Fresque, dont la grâce à l'autre préférée

Se conserve un éclat d'éternelle durée,

Mais dont la promptitude et Tes brusques fiertez

Veulent un grand génie à toucher ses beautez !

De l'autre, qu'on connoist, la traittable méthode

Aux foiblesses d'un Peintre aisément s'accomode ;

La paresse de l'huile, allant avec lenteur,

Du plus tardif génie attend la pesanteur ;

Elle sçait secourir, par le temps qu'elle donne,

Les faux pas que peut faire un pinceau qui tâtonne ;

Et, sur cette peinture, on peut, pour faire mieux,

Revenir, quand on veut, avec de nouveaux yeux.

Cette commodité de retoucher l'ouvrage

Aux peintres chancelans est un grand avantage,

Et, ce qu'on ne fait pas en vingt fois qu'on reprend,

On le peut faire en trente, on le peut faire en cent.

Mais la Fresque est pressante, et veut, sans complaisance

Qu'un Peintre s'accommode à son impatience,

La traitte à sa manière et d'un travail soudain,

Saisisse le moment qu'elle donne à sa main.

La sévère rigueur de ce moment, qui passe,

Aux erreurs d'un pinceau ne fait aucune grâce ;

Avec elle il n'est point de retour à tenter,

Et tout au premier coup se doit exécuter.

Elle veut un esprit où se rencontre unie

La pleine connoissançe avec le grand génie,

Secouru d'une main propre à le seconder,

Et, maistresse de l'Art jusqu'à le gourmander ;

Une main prompte à suivre un beau feu qui la guide ;

Et dont, comme un éclair, la justesse rapide

Répande dans ses fonds, à grands traits non tastez,

De ses expressions les touchantes beautez.

C'est par là que la Fresque, éclatante de gloire,

Sur les honneurs de l'autre emporte la victoire,

Et que tous les sçavans, en Juges délicats,

Donnent la préférence à ses masles appas.

Cent doctes mains chez elle ont cherché la louange ;

Et Jules, Annibal, Raphaël, Michel-Ange,

Les Mignards de leur Siècle, en illustres rivaux,

Ont voulu par la Fresque ennoblir leurs travaux.

Nous la voyons ici doctement revestue

De tous les grands attraits qui surprennent la veue.

Jamais rien de pareil n'a paru dans ces lieux,

Et la belle inconnue a frappé tous les yeux.

Elle a non-seulement, par ses grâces fertiles,

Charmé du grand Paris les connoisseurs habiles,

Et touché de la Cour le beau monde scavant ;

Ses miracles encor ont passé plus avant,

Et, de nos Courtisans les plus légers d'étude

Elle a pour quelque temps fixé l'inquiétude,

Arresté leur esprit, attaché leurs regards,

Et fait descendre en eux quelque goût des Beaux-Arts.

Mais ce qui, plus que tout, élève son mérite,

C'est de l'Auguste Roy l'éclatante visite,

Ce Monarque, dont l'âme aux grandes qualités

Joint un goût délicat des sçavantes beautez,-

Qui, séparant le bon d'avec son apparence,

Décide sans erreur et loue avec prudence ;

LOUIS, le grand LOUIS, dont l'esprit souverain

Ne dit rien au hazard, et voit tout d'un œil sain,

A versé de sa bouche à ses grâces brillantes

De deux précieux mots les douceurs chatouillantes,

Et l'on sçait qu'en deux mots ce Roy judicieux,

Fait des plus beaux travaux l'éloge glorieux.

Colbert, dont le bon goust suit celuy de son Maistre,

A senty mesme charme, et nous le fait paroistre.

Ce vigoureus génie, au travail si constant,

Dont la vaste prudence à tous emplois s'étend,

Qui, du choix souverain, tient, par son haut mérite,

Du Commerce et des Arts la suprême conduite,

A d'une noble idée enfanté le dessein

Qu'il confie aux talens de cette docte main,

Et dont il veut par elle attacher la richesse

Aux sacrés murs du Temple, où son cœur s'intéresse.

La voilà, cette main, qui se met en chaleur ;

Elle prend les pinceaux, trace, étend la couleur,

Empaste, adoucit, touche, et ne fait nulle pause.

Voilà qu'elle a finy ; l'Ouvrage aux yeux s'expose

Et nous y découvrons, aux yeux des grans experts,

Trois miracles de l'Art en trois tableaux divers.

Mais, parmy cent objets d'une beauté touchante,

Le Dieu porte au respect, et n'a rien qui n'enchante,

Rien, en grâce, en douceur, en vive majesté,

Qui ne présente à l'œil une Divinité ;

Elle est toute en ces traits si brillans de noblesse ;

La grandeur y paraît, l'équité, la sagesse,

La bonté, la puissance ; enfin ces traits font voir

Ce que l'esprit de l'homme a peine à concevoir.

Poursuis, ô grand Colbert, à vouloir, dans la France,

Des Arts que tu régis établir l'excellence,

Et donne à ce projet, et si grand et si beau,

Tous les riches momens d'un si docte pinceau.

Attache à des travaux, dont l'éclat te renomme,

Le reste précieux des jours de ce grand Homme.

Tels Hommes rarement se peuvent présenter,

Et, quand le Ciel les donne, il faut en profiter.

De ces mains, dont les Temps ne sont guère prodigues,

Tu dois à l'Univers les sçavantes fatigues ;

C'est à ton ministère à les aller saisir

Pour les mettre aux emplois que tu peus leur choisir,

Et, pour ta propre gloire, il ne faut point attendre

Qu'elles viennent t'offrir ce que ton choix doit prendre.

Les grands hommes, Colbert, sont mauvais Courtisans.

Peu faits à s'acquitter des devoirs complaisans,

A leurs réflexions tout entiers ils se donnent,

Et ce n'est que par-là qu'ils se perfectionnent.

L'Étude et la Visite ont leurs talens à part ;

Qui se donne à la Cour, se dérobe à son Art ;

Un esprit partagé rarement s'y consomme,

Et les emplois de feu demandent tout un homme.

Ils ne sauraient quitter les soins de leur mestier

Pour aller chaque jour fatiguer ton Portier,

Ny, par-tout près de toy, par d'assidus hommages,

Mandier des prosneurs les éclatans suffrages ;

Cet amour de travail, qui toujours règne en eux,

Rend à tous autres soins leur esprit paresseux,

Et tu dois'consentir à cette négligence

Qui de leurs beaux talens te nourrit l'excellence.

Souffre que, dans leur Art s'avançant chaque jour,

Par leurs Ouvrages seuls ils te fassent leur cour.

Leur mérite à tes yeux y peut assez paroistre ;

Consultes-en ton goust, il s'y connoist en maistre,

Et te dira toujours pour l'honneur de ton choix,

Sur qui tu dois verser l'éclat des grands emplois.

C'est ainsi que des Arts la renaissante gloire

De tes illustres soins ornera la mémoire ;

Et que ton nom, porté dans cent travaux pompeux,

Passera triomphant à nos derniers Neveux.