La Marchande d'écrevisses

By Maurice Rollinat

Written 1883-01-01 - 1883-01-01

Aux portes des cafés où s'attablent les vices,

Elle va tous les soirs offrant des écrevisses

Sur un petit clayon tapissé de persil.

Elle a l'œil en amande orné d'un grand sourcil

Et des cheveux frisés blonds comme de la paille.

Or, ses lèvres en fleur qu'un sourire entre-bâille,

Tentent les carabins qui fument sur les bancs,

Et comme elle a des seins droits, et que, peu tombants

Ses jupons laissent voir sa jambe ronde et saine,

Chacun d'eux lui chuchote un compliment obscène.