La marseillaise vendéenne
Written 1870-01-01 - 1870-01-01
Quelle tempête furieuse !
Le monde entier en retentit.
France, autrefois si glorieuse !
C'est l'adieu d'un tyran maudit !
Puisqu'il nous faut payer ses crimes,
En six mois expier vingt ans,
Debout !… Nous devons être grands,
Quand nos aïeux furent sublimes.
Aux armes, Vendéens ! La France est en danger !
Marchons, fils des géants, et chassons l'étranger !
Arrière, ô barbare, qui souilles
Le sol où nous avons vécu !
Tu le crois sûr de nos dépouilles,
Et c'est toi qui seras vaincu !
Tout le pays des Francs se lève :
Les Francs sont prêts à tout souffrir ;
Jusqu'au dernier plutôt mourir,
Que de nous courber sous ton glaive !
Aux armes, Vendéens ! La France est en danger !
Marchons, fils des géants, et chassons l'étranger !
Lance l'obus, lance la bombe,
Mitraille enfants, femmes, vieillards :
Si l'immortel Strasbourg succombe,
Paris t'attend sous ses remparts.
Oui ! c'est là que la main divine
Brisera tes fiers bataillons
Et nous, travailleurs des sillons
Nous achèverons ta ruine
Aux armes, Vendéens ! La France est en danger !
Marchons, fils des géants, et chassons l'étranger !
Du ciel inspirez à notre âme,
Bonchamps, Cathelineau, Stofflet,
Pour cet œuvre inspirez la flamme ;
Dont votre âme antique brûlait
Et que notre égide, ô Marie,
Nous couvre au milieu des combats :
Guidez nos coups, guidez nos pas ;
Par nos mains sauvez la patrie !…
Aux armes, Vendéens ! La France est en danger !
Marchons, fils des géants, et chassons l'étranger !