La Princesse Borghèse

By Théodore Banville

Written 1874-01-01 - 1874-01-01

Le précieux joyau de la famille corse,

La princesse Borghèse est nue, et le sculpteur

Voit jaillir devant lui, comme un lys enchanteur,

Ce jeune corps, brillant de jeunesse et de force.

Les seins en fleur, les plans harmonieux du torse

Le ravissent, et la lumière avec lenteur

Vient baigner d'un rayon subtil et créateur

Les pieds charmants, posés sur un tapis d'écorce.

Et la nymphe que fait renaître Canova,

C'est Pauline, effaçant l'idéal qu'il rêva,

Mais c'est aussi Vénus, la grande enchanteresse.

Car l'Artiste enivré d'accords mélodieux,

S'il lui plaît, anoblit le sang d'une princesse

Et la mêle vivante à la race des Dieux.