La Soif

By Léon Dierx

Written 1864-01-01 - 1864-01-01

La cuirasse à nos reins bouclée,

Dans une lutte sans merci,

Nous nous sommes jetés, ainsi

Que des bretons dans la mêlée.

Ainsi donc soit ! Et jusqu'au soir

Tenons tête dans la bataille,

Haut la visière, et haut la taille,

Sans lâcher pied, sans nous asseoir !

Champions du beau qu'on lapide,

Que le sort nous trahisse ou non,

Faisons flotter notre pennon

Par-dessus la clameur stupide.

Puisque pour nous les durs chemins,

Quand nous regardons vers la terre,

N'ont point d'eau qui nous désaltère,

A notre flanc portons les mains ;

Et, ruisselants d'éclaboussures,

Pour revivre du même espoir,

Buvons, ainsi que Beaumanoir,

Le sang tout chaud de nos blessures !