La tempête

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

Quel matelot d'un chant lointain me navre ?

Des mains de nuit cueillent les fleurs de feu.

L'océan flambe et les squales par jeu

plongent — O joie — dans le banc des cadavres.

Le ciel mûrit l'obus à l'horizon

qui, tels un œuf, fait éclater les crânes.

Tout est péril, angoisse, trahison.

Tout est ruine, et nos deuils nous condamnent.

Vous qui voyez les siècles sur les mers

sombrer, Seigneur, dans les sombres tempêtes,

laisserez-vous dévorer des éclairs

nos jours gréés pour d'estivales fêtes ?