La ville incendiée

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

La ville, si paisible, a flambé comme une âme,

la petite ville endormie. De hautes flammes

ont tordu sous le ciel l'immense chevelure

des désirs que celait son immobilité.

Elle est nue maintenant et montre ses brûlures.

Ce qui fut joie, intimité,

n'est plus qu'un amas- monotone

dont le vol des corbeaux s'étonne.

Tout gît. Seules, filles du feu, les cheminées,

comme des bras levés qui réclament justice,

parmi les éboulis, la boue, les graminées,

jaillissent. Les hommes sont vaincus, mais les choses

crient vers le ciel, de tout l'éclat des cicatrices.

La ville, endormie dans sa vie,

la ville aux roses d'incendie,

la ville est morte et ne repose.