La Visionnaire
Written 1951-01-01 - 1951-01-01
La maison se tait. Tout le monde dort.
Un seul être est là, regardant dehors
Les chemins de neige et les noirs nuages,
Et l'hiver hurlant qui tord les branchages.
Vif est le foyer, sourds sont les tapis ;
Nul souffle égaré du vent qui glapit.
Par mes soins la lampe éclaire et dévoile
L'Errant, et le guide avec son étoile.
Tancez-moi, ma mère, et vous, mon seigneur,
Que vos espions traquent mon honneur.
Vous ne saurez pas, malgré serfs et pièges,
Quel ange de nuit s'en vient sur la neige.
Ce que j'aime arrive, hôte de l'éther,
Fort de son pouvoir secret gui le, sert.
Qui m'aime ? Aucun nom ne passe mes lèvres
Et j'offre ma vie en gage à mes rêves !
Brille clair, ma lampe ; arde un rayon droit.
Chut ! L'air a frémi d'une aile. Est-ce toi ?
Comble mon attente, étrange puissance.
Moi, je crois en toi ; crois en ma constance !