La voix d’or

By Jean Lorrain

Written 1885-01-01 - 1885-01-01

Le fifre s’exaspère et « Zim-Boum », la cymbale

Tonitrue et voilà qu’au milieu des hoquets,

Des cris, des beuglements, au halo des quinquets,

La divine apparaît.

Sa traîne triomphale

Est d’un satin si blême et sa chair idéale

Si frêle, qu’au milieu des énormes bouquets,

Outrageusement blancs des Grelotteux coquets.

On dirait un rayon de lune.

Sidérale

La divine s’avance et givrée, en mica

Elle parle et soudain sa voix d’harmonica

Tinte fausse et voilà qu’au-dessus de la foule

La neige en flocons blancs tombe lente : en éclats

De verre sa voix craque et le public s’écoule,

S’éloignant lentement de l’actrice Verglas.