L'absence
Written 1902-01-01 - 1905-01-01
La force de mes bras cherche encore ton corps,
Et je me nourris d'ombre et de béatitude,
Car l'absence te rend douce comme la mort,
Comme le songe, le passé, la solitude.
Serais-tu là ce soir comme je le voudrais,
— Moi qui pense de loin pouvoir te prendre toute, —
Que nos cœurs se tairaient profondément, sans doute,
Ne pouvant se comprendre et se parler de près.
Et je pleure d'effroi devant cette impuissance
Où sombrent tout effort et tout désir humains,
Sachant bien que, tenir tes deux mains dans mes mains,
Est moins proche de mon bonheur que ton absence…