L’absinthe

By Raoul Ponchon

Written 1920-01-01 - 1920-01-01

Absinthe, je t’adore, certes !

Il me semble, quand je te bois,

Humer l’âme des jeunes bois,

Pendant la belle saison verte !

Ton frais parfum me déconcerte.

Et dans ton opale je vois

Des cieux habités autrefois,

Comme par une porte ouverte.

Qu’importe, ô recours des maudits

Que tu sois un vain paradis,

Si tu contentes mon envie ;

Et si, devant que j’entre au port,

Tu me fais supporter la Vie,

En m’habituant à la Mort.