L'amour apothicaire,
Written 1765-01-01 - 1765-01-01
POUR fléchir une None austere,
Le malin petit Amour
Ayant dessein un jour
D'user d'un nouveau détour,
Prit l'habit d'un Apothicaire :
En seringue, après cela,
Son carquois, qu'il toucha,
Se changea.
La None, en couvrant son derriere,
Dit : donnez-moi sagement
Ce benin lavement,
Par le trou de ce drap blanc.
Dès qu'il entra,
D'abord elle s'écria :
Ah !
Prenez-garde, il est bien là.
Mon Dieu ! je ne sçais ou vous êtes ;
Mais, quelle agréable ardeur !
Je sens que la chaleur
Me pénêtre au fond du cœur.
Mon enfant, quel bien vous me faites !
Je me trouve beaucoup mieux,
L'effet est merveilleux :
J'en veux deux.