L'arôme

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

Je fais ce poème aux champs,

le dos sur le serpolet.

Des brebis paissent, le chant

de la caille vient des blés.

Chaque faim quête sa proie,

et pourtant, quelle douceur

et quelle paisible joie

me pénètrent jusqu'au cœur!

La plante que j'ai meurtrie

m'embaume de sa blessure.

O mort, n'es-tu qu'harmonie

au concert de la nature ?

Et l'horreur de nos carnages

se peut-il qu'un dieu la goûte

comme un arôme sauvage

né de ses pas sur la route ?