L'avocat raisonnable

By Auteur inconnu

Written 1883-01-01 - 1883-01-01

Sur cet article délicat,

Un autre courroit au grimoire ;

Mais moi, comme un franc Avocat,

C'est la loi que je veux en croire ;

Or si je consulte la Loi,

L'enfant de ma femme est à moi.

Je sais bien qu'avant mon départ,

Madame écoutoit les fleurettes,

Et qu'elle avoit sa bonne part

Du foible qu'on donne aux coquettes ;

Mais si je consulte la Loi,

L'enfant de ma femme est à moi.

Plus je regarde le poupon,

Moins je trouve qu'il me ressemble :

Il a la bouche de Cliton,

Ses yeux, son nez : aye ! aye ! je tremble ;

Mais si je consulte la Loi,

L'enfant de ma femme est à moi.

Sur un doute pareil au mien,

Rondon plaida sa ménagère,

A cela que gagna-t-il ? Rien.

Le juge dit au pauvre hère :

« Va-t'en donc consulter la Loi,

» L'enfant de ta femme est à toi. »

Tous les jours, j'en suis convaincu,

Le plus galant homme peut être

Ce que l'on appelle cocu ;

Mais, sans chercher à le paroître,

Il dit : « N'écoutons que la Loi,

» L'enfant de ma femme est à moi. »