Le chant de guerre

By Ali-Joseph-Augustin Vial De Sabligny

Written 1871-01-01 - 1871-01-01

Allons, tambours, battez ! et vous, clairons, sonnez !

Debout, frères, debout pour la sainte vengeance !

Roulez sur vos affûts, et, lourds canons, tonnez !

La République a lui, qu'elle sauve la France !

O fils de la Patrie, un peuple audacieux

A souillé notre sol de son pied téméraire !

Que voudrait-il encor, ce peuple ambitieux ?

Répandre sur Paris son venin de vipère !

Ils voudraient, ces Prussiens que je hais de tout cœur,

Sur nos murs écroutés implanter leur bannière ;

Mais nous sommes tous là, le pied ferme et sans peur,

Prêts à les repousser dans leur sombre tannière.

Ils voudraient voir nos fronts se courber devant eux

Et sous un feu vainqueur écraser notre armée ;

Ils voudraient asservir ce pays valeureux

Et dans notre drapeau se tailler un trophée.

Ils voudraient effacer ce grand nom de Français,

Éteindre ce ........ le monde !Éteindre ce ........ le monde !

Ils voudraient ........ par d'infâmes succès,Ils voudraient ........ par d'infâmes succès,

Voiler notre ........ de leur blason immonde !Voiler notre ........ de leur blason immonde !

Ah ! nous leur apprendrons ce qu'il peut en coûter,

A ces affreux vautours, à ces corbeaux rapaces,

De menacer la France et de nous insulter,

Nous, les fiers descendants des plus superbes races.

La foudre est dans nos cours et l'éclair dans nos yeux ;

Vainement ils voudraient du livre de l'histoire

Déchirer les feuillets qu'ont écrits, nos aïeux,

Auxquels nous ajoutons notre page de gloire.

A peine si leur sang répandu tout entier,

Coulant comme un flot rouge au milieu de nos plaines,

Au jour qui va briller suffira pour châtier

L'insolence et l'orgueil de ces énergumènes.

A peine si leurs corps, déchirés, en lambeaux,

Suffiront pour venger d'abominables crimes !

Que partout, sous leurs pas, se creusent des tombeaux,

Qu'ils soient ensevelis dans de profonds abîmes !

Que leurs chants triomphals se changent tout à coup

En imprécations, en longs cris d'épouvante !

Poursuivons les Prussiens et toujours et partout,

Ni grâce ni merci pour la horde haletante !

L'heure s'en va sonner où, pour leurs vanités,

Le néant s'ouvrira : Prussiens, prenez bien garde

Qu'en un cercle d'airain vos jours ne soient comptés !

Qu'entrés vivants ici, tous morts on ne vous garde !

Allons, tambours, battez ! et vous, clairons, sonnez !

Debout, frères, debout pour la sainte vengeance !

Roulez sur vos affûts, et, lourds canons, tonnez !

La République a lui, qu'elle sauve la France !