Le Charme de la voix

By Théodore Banville

Written 1861-01-01 - 1861-01-01

Quand s'élancent leurs strophes d'or,

Il faut aux Odes qu'on admire,

Pour leur faire prendre l'essor,

Les instruments et leur délire.

Mais toi, mais toi, tu peux les lire !

Car la Muse t'aime, et tu vois

Qu'elle n'a plus besoin de lyre

Avec les chansons de ta voix.

Ta grave, ta charmante voix,

Pure comme un cristal féerique,

Est parfois si douce ! et parfois

Brûlante comme un vent d'Afrique.

Telle, à son rhythme symétrique

Prêtant les colères des Dieux,

Sappho, la déesse lyrique,

Parlait aux flots mélodieux.