Le chemin du royaume

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

Comme il est long, Seigneur, et rude, et dur,

le chemin qui mène à votre Royaume

Les peuples partis vers les temps futurs

aux ronces des nuits déchirent leurs paumes.

Parfois — n'est-ce qu'un mirage ? — ils croient voir,

lointaines, briller les tours de la Ville

aux coupoles d'or, et soudain l'espoir

embrase les cœurs d'une flamme agile.

Puis tout meurt, la Cité, l'espoir. Des brumes

de sang et de feu cachent l'horizon.

Sous les quatre vents des incendies fument

et les hommes las perdent la raison.

Me voici, traîné par la foule aveugle,

obligé de suivre un confus troupeau.

Dans les clochers noirs des sirènes meuglent

qui font sur nos fronts s'enfuir les corbeaux.

Errant, titubant et lourds de nos chutes,

nous heurtons vos croix par les carrefours,

et pourtant, ces pas que rien ne rebute,

c'est vers Vous qu'ils vont, Maître aux Mains d'Amour.