Le Combat

By Henri Régnier

Written 1897-01-01 - 1897-01-01

Si ta galère haute au sable de la grève,

Lasse du long voyage ou de la course brève

De ses voiles en ailes sur les prés de l’eau,

Enfonce l’éperon de son dur bec d’oiseau

Et crispe aux algues d’or les serres de ses rames,

Ô Voyageur vieilli par l’écume des lames

Qui poudra tes cheveux du sel des flots marins,

De ton pied nu posé dans l’île aux cent chemins

Fouleras-tu les fleurs, heurteras-tu les pierres ?

Est-ce le marais morne ou la fontaine claire

Qui t’attire par son silence de miroir

Ou sa chanson qui rit en larmes dans le soir ?

Iras-tu, pas à pas, avec tes mains prudentes,

Visiter la maison et rallumer la lampe

Et grave, heure par heure, y attendre le jour

Ou, tragique, enivré du péril où tu cours,

Vers la grotte funeste et l’antre monstrueux,

Dans l’ombre formidable où tu hurles comme eux,

Belluaire divin et fabuleux bourreau,

Tordre la double corne au front du noir taureau ?

Si ta galère haute au sable de la grève,

Lasse du long voyage ou de la course brève

De ses voiles en ailes sur les prés de l’eau,

Enfonce l’éperon de son dur bec d’oiseau

Et crispe aux algues d’or les serres de ses rames,

Ô Voyageur vieilli par l’écume des lames

Qui poudra tes cheveux du sel des flots marins,

De ton pied nu posé dans l’île aux cent chemins

Fouleras-tu les fleurs, heurteras-tu les pierres ?

Est-ce le marais morne ou la fontaine claire

Qui t’attire par son silence de miroir

Ou sa chanson qui rit en larmes dans le soir ?

Iras-tu, pas à pas, avec tes mains prudentes,

Visiter la maison et rallumer la lampe

Et grave, heure par heure, y attendre le jour

Ou, tragique, enivré du péril où tu cours,

Vers la grotte funeste et l’antre monstrueux,

Dans l’ombre formidable où tu hurles comme eux,

Belluaire divin et fabuleux bourreau,

Tordre la double corne au front du noir taureau ?