Le comte de Chimène à Bouchardon

By Paul-Jean Toulet

Written 1919-01-01 - 1919-01-01

Postérité de Praxitèle,

Pour qui Zoïle en sa cautèle

Tant de rancune a mis à nu,

Laisse la bande archéologue

Insulter d'un vain dialogue

L'Amour avec toi méconnu ;

Lorsque à de nobles rêveries

Les rois ouvraient leurs galeries

Des abeilles vinrent, dit-on,

Autour d'une Muse qui m'aime ;

Et peut-être y volait la même

Qu'enivra ta lèvre, ô Platon.

Mais aujourd'hui, désabusées,

Les abeilles fuient nos musées,

Leur sot platras, leur pot pourri.

Et tous ces débris de masure.

Dont on voit prendre la mesure

Par Fourvingle et par Veintouri.

Ils ne rient plus les dieux de Grèce.

Morte est la divine allégresse

D'un art honni des Bérinsons

Si que pour l'arc laissant la lyre

Apollon dit : j'ai beau vous lire.

Autres oiseaux, mêmes oisons.

L'art naît comme une fantaisie.

Lui, qu'exhument jusqu'en Asie

Ces cuistres de calamité.

Dans Paris, loin de leur mensonge

Tu l'engendras aux bras d'un songe.

Dans un sourire, ô Vérité.