Le corrége

By Auguste Barbier

Written 1831-01-01 - 1831-01-01

Nourrice d'Allegri, Parme, cité chrétienne,

Sois fière de l'enfant que tes bras ont porté !

J'ai vu d'un œil d'amour la belle antiquité,

Rome en toute sa pompe et sa grandeur païenne ;

J'ai vu Pompéï morte, et comme une athénienne,

La pourpre encor flottant sur son lit déserté ;

J'ai vu le dieu du jour rayonnant de beauté

Et tout humide encor de la vague ionienne ;

J'ai vu les plus beaux corps que l'art ait revêtus ;

Mais rien n'est comparable aux timides vertus,

À la pudeur marchant sous sa robe de neige ;

Rien ne vaut cette rose et cette belle fleur

Qui secoua sa tige et sa divine odeur

Sur le front de ton fils, le suave Corrége.