Le départ de la garde mobile
Written 1870-01-01 - 1870-01-01
La France aux armes nous appelle :
Sa main lance l'aigle vengeur ;
Courons ceindre son front d'une gloire nouvelle ;
Que dans nos rangs, sublime, à son passé fidèle,
Partout son drapeau soit vainqueur.
Un roi, dans sa rage insensée,
De vingt peuples sur nous pousse les bataillons ;
Marchons ! fils des Gaulois, n'ayons qu'une pensée,
Le vaincre, et sur ses forts planter nos pavillons.
Liberté, mère de la gloire,
Fais nos bras forts, notre nom redouté ;
A nos bras donne la victoire,
A nos noms l'immortalité.
Marchons ! et d'un pied ferme en chœur frappant la terre,
Faisons sous les pas de la guerre
Sourdre partout la liberté.
Pour nous, jeune homme, jeune fille,
Un chant de guerre, un chant joyeux :
Adieu ! Séchez vos pleurs, amis, voisins, famille ;
Adieu, chastes amours éclos sous la charmille,
Oubliés par nous en ces lieux !
Du clairon laissez la voix fière
Entrainer nos esprits, saisir, armer nos bras.
Nos cœurs, par ses accents rendus tout à la guerre,
Ne rêveront bientôt que patrie et combats.
Liberté, mère de la gloire,
Fais nos bras forts, notre nom redouté ;
A nos bras donne la victoire,
A nos noms l'immortalité.
Marchons ! et d'un pied ferme en chœur frappant la terre,
Faisons sous les pas de la guerre
Sourdre partout la liberté.
Dans l'avenir, riant ou sombre,
Grandis sous tes fières leçons,
Quand ton bras devant nous projette au loin son ombre,
Sans chercher tes raisons, sans regarder au nombre,
Tu parles, France, et nous marchons.
Nos fronts, à la honte rebelles,
De fleurs ou de cyprès aiment à se couvrir :
Garde pour quelques-uns tes roses les plus belles,
France, et reçois l'adieu de ceux qui vont mourir.
Liberté, mère de la gloire,
Fais nos bras torts, notre nom redouté ;
A nos bras donne la victoire,
A nos noms l'immortalité,
Marchons ! et d'un pied ferme en chœur frappant la terre,
Faisons sous les pas de la guerre,
Sourdre partout la liberté.