Le gargotier
Written 1919-01-01 - 1919-01-01
Mieux que des potentats les pompeuses demeures
Ta gargote m'est chère et, libre de soucis,
Sous un plafond tombant, entre des murs noircis,
J y coule sans compter les plus belles des heures.
Que j'aime ton ardoise où, sur tes fiers menus.
Avec un vin fameux le miroton voisine,
Où paraissent aussi, gloire de ta cuisine.
Maints chats qui, par tes soins, sont lièvres devenus !
Tout chez toi nous maintient dans une douce extase ;
Mais que dire du feu qui nos âmes embrase
Quand certains soirs, parée et pleine de rubans.
Savoureux avant-goût des suprêmes bitures,
La patronne joyeuse en passant dans les bancs
Mêle sa forte odeur à l'odeur des fritures !