Le mobile breton
Written 1871-01-01 - 1871-01-01
Je suis Jeannic, garde mobile,
Petit moblot du Morbihan,
Venu dans votre grande ville,
Moitié pleurant, moitié riant.
Je pleurais en quittant mon père,
Ma sœur et nos champs de genêts.
Tristement j’embrassais ma mère,
Mais en chemin je souriais ;
Car, à la voix de la patrie,
Le brave breton bretonnant
Donne avec joie à la France chérie
Son bras, sa vie, et son cœur et son sang.
Un jour, on dit sur la falaise
Que Guillaume, le roi prussien,
Voulait prendre tout à son aise
Votre beau pays parisien.
Et soudain, de toutes nos âmes,
Un cri de douleur s’éleva…
Tout fut debout : hommes et femmes :
La Bretagne se souleva !…
Car, à la voix de la patrie,
Le brave breton bretonnant
Donne avec joie à la France chérie
Son bras, sa vie, et son cœur et son sang.
Notre-Dame de délivrance,
Mère d’amour et de bonté,
Va rendre à notre belle France
Et sa gloire et sa liberté…
Puis, du Morbihan le mobile,
Le cœur plein de joie et d’espoir,
Quittera votre grande ville
Après avoir fait son devoir…
Car, à la voix de la patrie,
Le brave breton bretonnant
Donne avec joie à la France chérie
Son bras, sa vie, et son cœur et son sang.