Le rameau d’or

By Paul-Jean Toulet

Written 1919-01-01 - 1919-01-01

Cette branche aujourd'hui flétrie

Que je tiens dans ma main,

Qu'elle ait fané sans lendemain

Il n'y a raillerie.

Je pourrais rien qu'en l'agitant,

T'évoquer, ô Carresse

Battu du Gave, et la tendresse

D'un avril inconstant ;

Ou bien, au sortir du Laprée

Et son comptoir d'étain,

Sur Paris tendu, le matin

En robe diaprée ;

Et la mer bleue, où, près d'Alger,

Lilith aux longues jambes,

Tu dictas de tendres ïambes

Au changeant étranger.