Le retour
Written 1901-01-01 - 1901-01-01
Rôde à pas lents au parc mystérieux
Où tes deux yeux profonds s'étaient remplis d'automne,
Et où à présent tu t'étonnes
De ne plus piétiner ton rêve soucieux
Parmi le froissement jaune des feuilles mortes,
Et de voir que partout triomphe l'été vert.
Puis tu t'en iras par les grands prés vers la mer ;
Puis tu t'en reviendras par la petite porte
Hanter les potagers lourds de légumes gras,
Gais de leur symétrie étroite et maraîchère,Gais de leur symétrie étroite et maraîchère,
Et le mignard jardin aux flores d'apparat
Aussi riches que des joyaux,
Strictement répété à rebours dans les eaux
De l'étang clair où choit la source :
Afin qu'en ta première course
Tu puisses sourire à tous ces coins qui l'accueillent,
Qui te saluent avec leurs feuilles,
Avec leurs fleurs des champs, avec leurs fleurs de serre,
Avec les vagues de la mer,
Avec les buis naïfs et crus des potagers,
Pour, après, revenir à la maison âgée
Qui est un peu une grand'mère
Et où tu sentiras tant d'intime douceur
Que tu croiras tout bas avec des larmes claires
Que quelqu'un au retour te presse sur son cœur.