Le rhume de cerveau
Written 1884-01-01 - 1884-01-01
Ou donc t’ai-je pincée, absurde phlegmasie,
Stupide coryza, catarrhe insidieux ?
Mon pouls est enfiévré, ma pensée obscurcie.
Coulez, ma pituitaire, et vous, pleurez, mes yeux !
L’éternuement secoue en vain mon inertie.
Pidoux avec Trousseau, docteurs judicieux.
N’opposant qu’un mouchoir au mal capricieux.
Croient qu’il faut le traiter par la diplomatie.
Eh bien ! Je resterai farouche en mon fauteuil.
Les pieds sur les chenets et condamnant mon seuil ;
L’isolement convient à ma face piteuse.
Et j'aurai des mouchoirs en nombre indéfini.
J’en veux mouiller autant qu’un évêque en bénit.
Car je n’ai plus d’espoir qu’en vous, ma blanchisseuse !