Le rhume de cerveau

By Georges Camuset

Written 1884-01-01 - 1884-01-01

Ou donc t’ai-je pincée, absurde phlegmasie,

Stupide coryza, catarrhe insidieux ?

Mon pouls est enfiévré, ma pensée obscurcie.

Coulez, ma pituitaire, et vous, pleurez, mes yeux !

L’éternuement secoue en vain mon inertie.

Pidoux avec Trousseau, docteurs judicieux.

N’opposant qu’un mouchoir au mal capricieux.

Croient qu’il faut le traiter par la diplomatie.

Eh bien ! Je resterai farouche en mon fauteuil.

Les pieds sur les chenets et condamnant mon seuil ;

L’isolement convient à ma face piteuse.

Et j'aurai des mouchoirs en nombre indéfini.

J’en veux mouiller autant qu’un évêque en bénit.

Car je n’ai plus d’espoir qu’en vous, ma blanchisseuse !