Le rossignol

By Charles Le Goffic

Written 1914-01-01 - 1914-01-01

Toi qui vas, par la grise Armor,

Maudissant l’amour et ses fièvres,

Les violettes de la mort

Fleuriront bientôt sur tes lèvres.

Encore une heure, encore un pas,

Et ce sera la bonne halte :

Au fond du soir n’entends-tu pas

Ce chant qui naît, tremble et s’exalte ?

Si pur avec son timbre ancien,

Doux comme un lied, lent comme un thrène,

Le chant du noir musicien

Tantôt plane et tantôt se traîne…

Précurseur des derniers apprêts,

Rossignol des nuits sans aurore,

Qu’on sera bien sous les cyprès

Où tour à tour monte et s’éplore

Ton chant d’extase et de regrets !