Le sonnet du trou du cul

By Paul Verlaine

Written 1891-01-01 - 1891-01-01

Obscur et froncé comme un œillet violet

Il respire, humblement tapi parmi la mousse

Humide encor d’amour qui suit la pente douce

Des fesses blanches jusqu’au bord de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait

Ont pleuré, sous l’auteur cruel qui les repousse,

À travers de petits caillots de marne rousse,

Pour s’en aller où la pente les appelait.

Ma bouche s’accouple souvent à sa ventouse

Mon âme, du coït matériel jalouse,

En fit son larmier fauve et son nid de sanglots

C'est l'olive pâmée et la flûte câline

C’est le tube où descend la céleste praline

Chanaan féminin dans les moiteurs éclos.