Le temps

By Jeanne Loiseau

Written 1896-01-01 - 1896-01-01

Saisis du vain regret des grands songes antiques,

Parfois nous repeuplons nos Olympes déserts :

Erreur des aïeux morts hantant nos cœurs mystiques !

Le Temps, dernier des dieux, chancelle au sein des airs.

L'atome, obéissant aux forces despotiques,

Dans l'abîme infini n'a point d'âges divers ;

L'horloge suspendue aux éternels portiques

Marque une heure immuable à l'immense univers.

Le passé, l'avenir ‒ inconstantes chimères ‒

Troublent par leurs aspects des êtres éphémères

Qui naquirent hier et périront demain.

Quel sens auraient ces mots pour la matière sombre,

Qui, soumise à jamais aux changements sans nombre,

N'a point eu d'origine et n'aura point de fin ?