Le vent qui peigne…

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

Le vent qui peigne la fumée,

l'amour dont la chanson fut vaine

et le massacre des armées,

tant de vies, Père, tant de haines

qu'un peu de soleil évapore

ainsi qu'une brume d'aurore…

Ne sont-ils dignes de vos soins,

les pas des hommes éphémères

qu'un dur destin tient en son poing ?

Les nues accourent aux fontaines,Les nues accourent aux fontaines,

mais où va l'eau de la rivière

qui ne sut demeurer en mer ?

Où va le fleuve des armées

dont le flot roule de si loin

qu'il coule sans finir jamais ?

Le vent qui peigne la fumée,

ne fane-t-il aussi le foin ?

Aux soldats las, de vains combats,

Seigneur, et d'épuisants parcours,

accordez, avant le trépas,

de faire halte en votre Amour.