Le Voyageur

By Henri Régnier

Written 1897-01-01 - 1897-01-01

Vers la douce maison dont j’ai fermé la porte,

Un soir, sur l’âtre en cendre et sur la lampe morte,

Je reviendrai, car l’aube est triste sur la mer,

Y rallumer la lampe éteinte et l’âtre clair ;

La forêt est si vaste au bout des marais mornes

Que l’an aura déjà décliné vers l’automne

Quand mes pas oubliés ranimeront l’écho

Qui répond, en entrant, à gauche de l’enclos.

Anxieux qu’au jardin les Faunes sous les treilles

Aient, la ruche rompue, emporté les abeilles

Et les Satyres bu les outres du cellier

En dansant et pillé les plants et l’espalier

Et, avec les roses mortes, dans la fontaine

Jeté des fruits pourris, des caïeux et des graines.