L'eau morte
Written 1897-01-01 - 1897-01-01
L'étang mystérieux dort parmi les bois sombres,
Eau de solitude, eau de silence, eau de songe,
Que le flot rose et blanc des bruyères prolonge ;
Parfois des oiseaux noirs glissent comme des ombres
Entre les joncs tendus hors des sinistres ondes
Tels que des glaives d'or aux mains de reines blondes ;
Et sous l'âpre soleil épars en rayons mornes
Les nymphéas chassés des limpides fontaines
Où boivent, à la nuit, les cerfs aux belles cornes,
Attendent tristement les étoiles lointaines.