L'enamourée

By Théodore Banville

Written 1867-01-01 - 1867-01-01

Ils se disent, ma colombe,

Que tu rêves, morte encore,

Sous la pierre d'une tombe :

Mais pour l'âme qui t'adore,

Tu t'éveilles ranimée,

Ô pensive bien-aimée !

Par les blanches nuits d'étoiles,

Dans la brise qui murmure,

Je caresse tes longs voiles,

Ta mouvante chevelure,

Et tes ailes demi-closes

Qui voltigent sur les roses !

Ô délices ! Je respire

Tes divines tresses blondes !

Ta voix pure, cette lyre,

Suit la vague sur les ondes,

Et, suave, les effleure,

Comme un cygne qui se pleure !