Les anneaux d'or
Written 1925-01-01 - 1925-01-01
Entends tinter mes anneaux d'or…
Mes bras se sont heurtés pour entourer ta tête,
Pour l'enfermer comme un trésor…
O toi ! mon bien-aimé, qui de la base au faîte,
Depuis tes beaux pieds nus jusqu'en haut de ton front
Brilles d'or pur et de la neige de l'Hermon !
Ta bouche est douce et distille la myrrhe franche,
Et tes dents, au fruit que tu mords,
Font des sillons égaux où la sève s'épanche._.
Entends tinter mes anneaux d'or…
Entends tinter mes anneaux d'or
Sous la témérité tendre de tes caresses…
C'est le son du divin accord
De ta beauté, de nos désirs, de ma jeunesse,
Et quand, un peu plus tard, ton souffle rauque et court
Exigera de moi tous les dons de l'amour,
Ils sonneront tout bas leur joyeuse réplique…
Et pour être plus nue encor
Je les laisse tomber, tous, avec ma tunique…
Entends tinter mes anneaux d'or !
Entends tinter mes anneaux d'or !
Je voudrais déposer leur écho sur ta bouche
Pour sceller à jamais ton corps
Comme d'un sceau sacré que nulle autre ne touche !…
Quand tu me quitteras pour paître tes troupeaux
Au milieu des muguets et des trèfles nouveaux,
N'arrête pas au vol une tendre palombe,
Car ton oubli serait ma mort…
La jalousie est plus cruelle que la tombe…
Entends tinter mes anneaux d'or !
Entends tinter mes anneaux d'or
Quand vers le soir tu t'étendras près des feux d'herbes
Où ta lassitude s'endort…
Et lorsque tes brebis et tes béliers superbes
Iront pendant la-nuit, boire au bord de l'étang,
Cherche dans leur clochette un refrain de ce chant
Qui t'apportait, comme de vibrantes prémices,
Le choc dont tu trembles encor…
Mais tu l'auras quitté, ton jardin de délices…
Entends tinter nies anneaux d'or !