Les bavarois

By Ferdinand Dugué

Written 1871-01-01 - 1871-01-01

En fait de cruauté, d'astuce,

On reproche tout à la fois

Aux habitants de cette Prusse

Qui veut des Empereurs pour Rois…

Si nous mettions un peu la puce

A l'oreille des Bavarois ?

Ces gens que Von der Thann commande,

Sujets de Louis le Crétin,

Sont la race la plus gourmande,

La plus acharnée au butin ;

De toute l'armée allemande

C'est la plus détrousseuse enfin…

Les poches les mieux arrondies

Sont les poches de ces voleurs ;

Et multipliant incendies.

Assassinats, lâches horreurs,

Des plus féroces tragédies

Ils sont les principaux acteurs !

Et notez qu'ils sont catholiques

Disant pratiquer mieux que nous

Les préceptes évangéliques ;

Et quand ils ont avec courroux

Criblé d'obus nos basiliques,

Ils vont y prier à genoux…

Ah ! combien ce Dieu de la guerre,

Qui réserve pour l'innocent

Tous les éclats de son tonnerre,

Doit se montrer reconnaissant

Lorsqu'ils lèvent pour la prière

Leurs mains encor rouges de sang !

Mais le doux enfant de Marie,

Qu'en vain pourtant nul n'a prié,

Rejette l'oraison impie

De ces faux chrétiens sans pitié

Qui lui refont une agonie

A l'éternel Crucifié !…

O blonde tribu d'hypocrites

Charmant peuple, aimable voisin,

A qui Bismark pour ses mérites

Laisse les miettes du festin,

Nos représailles sont écrites

D'avance au livre du destin…

Quand nous irons sans crier gare

Te fustiger et te punir,

Jamais ton Wagner, ce barbare,

Cet écorcheur de l'avenir,

N'aura créé de tintamarre

Comme celui qu'on doit t'offrir !