Les bords de la tet
By Aimé Camp
Written 1871-01-01 - 1871-01-01
La brume estompe à l’horizon
Du Canigou la masse blanche ;
Les mésanges, de branche en branche,
Voltigent, sous un vif frisson,
La brise frémit au buisson.
Adieu marguerite et pervenche !
La saule nu sur les flots penche ;
La Tet murmure un triste son.
La France, à cette heure néfaste,
Ressemble à ces bords que dévaste
Le souffle des sombres autans.
O calamités trop certaines !
Elle peut dire comme Athènes :
L’armée a perdu son printemps.