Les Chercheurs

By Germain Nouveau

Written 1881-01-01 - 1881-01-01

Noirs alchimistes, verts sorciers,

Aux gestes fous,

Quand vous passiez,

Que cherchiez-vous ?

Quand vous passiez indifférents

Dans vos manteaux,

Comme de grands

Incognitos ;

Vous qui d’un œil d’ombre taché

Fixez sans fin

Un point caché ;

Sans soif ni faim.

Par l'été, l’hiver, par les jours

Et par les nuits,

Portant vos lourds

Et fiers ennuis ;

Par nos quais glacés ou fleuris,

Glissant plus doux

Que des esprits,

Que cherchiez-vous ?

Quel rêve vous fait l’âme en deuil

Et l’œil en feu,

Anges d’orgueil

Qui serez Dieu ?

Allez, quelque aurore est au fond,

Vieux faiseurs d’or,

Les cieux ne sont

Fermés encor.

Creusez toujours, peuplez vos fronts

De plis secrets ;

Nous sourirons !

Eh bien ! après ?

Ayez des barbes de trente ans,

Et des carriks

Par tous les temps ;

Ayez des tics ;

Que votre humble dos par les laids

Brouillards roussi,

Le soit par les

Lunes aussi ;

Soyez les frileux nonpareils,

Qui sont gourmands

Des bons soleils ;

Soyez charmants !

Vous de qui les yeux croient tenir

Un astre éclos

Dans l’avenir,

Vieux rigolos !