Les deux Fleurs

By Auguste Brizeux

Written 1874-01-01 - 1874-01-01

ARRÊTE ton cheval, saute à bas, mon vieux faune !

Et va, bon voiturin, du côté de la mer :

Sur le bord de cette anse où le flot est si clair,

Coupe, dans les rochers, coupe cette fleur jaune.

C’est une fleur sauvage, ô seigneur étranger !

Là-bas nous trouverons des bouquets d’oranger.

Non, laisse l’oranger embaumer le rivage,

Pour ces parfums si doux je suis barbare encor ;

Mais sur ma terre aussi poussent les landiers d’or.

Et j’aime la senteur de cette fleur sauvage.