Les Effets du Vin

By Auguste Lacaussade

Written 1876-01-01 - 1876-01-01

Les flèches du jour dispersent la nuit ;

Où paraît Bacchus le chagrin s'enfuit.

Dès qu'il verse en moi ses jeunes ivresses,

Soucis et regrets, tout s'évanouit :

De Crésus je crois tenir les richesses,

Je crois d'Apollon posséder la voix.

Mollement couché, le front ceint de lierre,

Je ris en mon cœur du sceptre des rois,

Je foule à mes pieds leur tristesse altière.

Libre et radieux, je chante et je bois,

Et des noirs soucis s'éloigne la troupe.

Volez aux combats, je vole à ma coupe !

Enfant, remplis-la de vin jusqu'au bord.

Il vaut mieux cent fois être ivre que mort !