Les fables de la fontaine

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

A l'école, j'ai trouvé

Les Fables de La Fontaine.

Délices de m'abreuver,

enfance, mon Hippocrène,

à ta source qui s'élance !

La guerre, à chaque heure, tue

un peu de l'ancienne France,

tant de hameaux, tant de rues

où musardait notre histoire.

Les maisons blanches et probes

où, dans les senteurs d'armoires,

des ombres à longues robes

erraient sans bruit; les vieux murs

de l'église et des jardins,

tant de souvenirs obscurs

dont se forme le destin,

j'en respire en La Fontaine

l'arome archaïque et frais,

baume, douceur à ma peine.

Noble parc, et si français,

Langue, en toi se réfugie

le passé de notre race.

Une subtile magie

dans les mots a laissé trace

de tous les pas des ancêtres.

Puissent, dans ces tristes veilles,

puissent mes poèmes être

une rose en tes corbeilles !