Les oiseaux du proscrit
Written 1871-01-01 - 1871-01-01
Petits oiseaux, vous que je vis éclore,
Dans votre nid, fruit de chastes amours,
Restez longtemps, amis restez encore ;
Car le malheur vient planer sur vos jours.
Pauvres petits, le destin nous opprime,
Dieu semble sourd à mes vœux, à vos cris ;
Mais il viendra consoler la victime,
Alors son bras vengera les proscrits.
Petits, oiseaux, déjà croissent vos ailes,
Besoin d’aimer à tous se fait sentir…
Libres, volez, mais revenez fidèles
Au joli nid qui vous verra partir !
Pauvres petits, le destin nous opprime,
Dieu semble sourd à mes vœux, à vos cris ;
Mais il viendra consoler la victime,
Alors son bras vengera les proscrits.
Petits oiseaux, n’allez pas au bocage.
Craignez le plomb, la serre des vautours,
De ma prison faites-vous une cage.
Là, je pourrai veiller sur vos amours.
Pauvres petits, le destin nous opprime,
Dieu semble sourd à mes vœux, à vos cris ;
Mais il viendra consoler la victime,
Alors son bras vengera les proscrits.
Petits oiseaux, n’allez pas dans la plaine,
Car l’oiseleur vous donnerait la mort. —
Restez ici pour alléger ma peine,
Restez ici pour adoucir mon sort !
Pauvres petits, le destin nous opprime,
Dieu semble sourd à mes vœux, à vos cris ;
Mais il viendra consoler la victime,
Alors son bras vengera les proscrits.