Les petits Souliers

By Maurice Rollinat

Written 1883-01-01 - 1883-01-01

Tes petits souliers noirs grillés comme une cage

Emprisonnent tes pieds plus vifs que des oiseaux,

Laissant voir à travers leurs délicats réseaux

Tes bas coloriés fleuris comme un langage.

Ils ont le glissement du vent dans le bocage,

La grâce tournoyeuse et grêle des fuseaux,

L'air mutin de l'abeille aux pointes des roseaux

Ou de la sauterelle au milieu d'un pacage.

En vain, ils sont partout mes suiveurs familiers,

Par l'aspect et le bruit de tes petits souliers

J'ai toujours les yeux pris et l'oreille conquise ;

Et quand les mauvais jours me séparent de toi,

Ton souvenir les fait sonner derrière moi

Et brode sur mon cœur leur silhouette exquise.