Les platanes

By Aimé Camp

Written 1871-01-01 - 1871-01-01

O Platanes, qu’a fait l’automne

De vos ogives, frais berceaux ?

Du morne aspect de vos arceaux

Mon regard attristé s’étonne.

Les feuilles, d’un bruit monotone,

Tombent par milliers des rameaux ;

Mais d’avril les souffles nouveaux

Vous rendront la verte couronne.

France adorée, un vent de mort

Te pénètre au cœur et te mord.

Est-tu donc pour toujours flétrie ?

Ou dois-tu, plus brillante aux yeux,

Sous les douces brises des cieux,

Refleurir, ô noble Patrie ?