Les yeux

By Germain Nouveau

Written 1922-01-01 - 1922-01-01

Les veilleuses dont notre nuit est parfumée

Sont des sœurs dont les longs regards sont des secrets

Et les yeux de nacre et de perle des coffrets

Nous pénètrent, et sur la basse cheminée,

Le miroir où ta beauté nue est confirmée

Répète ces regards et ces yeux indiscrets,

Qui troublants comme les feux pâles d’un marais,

Hantent le cœur du doux poète et de l’Aimée.

O ces yeux, tous ces yeux, dans le calme aromal

De l’amour, sont d’autant plus tendres qu’ils font mal

Et notre âme connaît des terreurs, pourtant pures.

Mais quand l’aube s’abat sur nos chastes volets,

La fenêtre a deux yeux bleus et vides, si laids

Que nous tirons sur nous toutes les couvertures.