L’éternel sot

By Paul Verlaine

Written 1896-01-01 - 1896-01-01

L’ÉTERNEL sot qui fut jadis Fréron

Et maintenant se nomme Brunetière

Mériterait une ode tout entière

Pour l’exécration du fanfaron !

Du fanfaron de bêtise au ronron

Affreux du chat pire que de gouttière,

Mais non, un dur sonnet en étrivière

Suffit pour châtier tel lourd baron

Du snobisme actuel comme de l’autre

Et le voici pour l’autre et pour le nôtre

Le voici pour le nôtre, hélas ! surtout,

Car il n’est pire pédant pour déplaire

Que celui qui, méprisable à tout bout

De champ, nous insultait en Baudelaire.