L'Éternité

By Maurice Rollinat

Written 1899-01-01 - 1899-01-01

On guette dans la multitude

La fuite de tous ses instants.

Au contraire, on fige le temps

En pratiquant la solitude.

À constamment voir le tableau

Du monotone impérissable,

On vit l'herbe, le grain de sable,

Le rocher, le nuage et l'eau.

L'âge vient à si petits pas

Qu'il semble qu'on n'assiste pas

À ses lentes métamorphoses :

Et l'on a pleinement goûté

La saveur de l'Éternité

Lorsque l'on rentre dans les choses.