L'exode
By Henri Vendel
Written 1945-01-01 - 1945-01-01
Les ponts qui franchissaient de paisibles rivières,
reliant d'amitié les champs et les villages,
tous les ponts fraternels ont sauté dans les guerres,
et les vieilles sans toit se cachent le visage.
Nul ne sait, dans la foule, où mènent les chemins
quand nous allons, traînant nos peurs avec nos hardes,
les pieds meurtris, le cœur plus las, aux lendemains.
N'est-il donc sur la tour de veilleur à sa garde
et l'archer ne va-t-il abattre le destin
des hommes sans amour qui n'ont plus que leur faim ?
Peut-être atteindrons-nous aux plus lointaines criques,
mais les bateaux ont fui loin des môles déserts
et les cadavres seuls dormiront dans les mers
sous l'aveugle regard des poissons électriques.