L'Horoscope

By Maurice Rollinat

Written 1883-01-01 - 1883-01-01

Par un soleil mourant dans d'horribles syncopes,

Mes spleens malsains

Évoquaient sur mon cas les divers horoscopes

Des médecins.

Partout la solitude inquiétante, hostile,

Où chaque trou

Avait un mauvais cri d'insecte, de reptile

Et de hibou.

J'étais dans un chemin désert, tenant du gouffre

Et du cachot,

Où l'orage imminent soufflait un vent de soufre

Épais et chaud,

Dans un chemin bordé de gigantesques haies

Qui faisaient peur,

Et de rocs mutilés qui se montraient leurs plaies

Avec stupeur.

Et j'allais, consterné, songeant : « Mon mal empire ! »

Tâtant mon pouls,

Et rongé par l'effroi, par cet effroi vampire

Comme des poux ;

Quand soudain, se dressant dans la brume uniforme

Devant mes pas,

Un long Monsieur coiffé d'un chapeau haut de forme

Me dit tout bas

Ces mots qui s'accordaient avec la perfidie

De son abord :

— « Prenez garde : car vous avez la maladie

Dont je suis mort. »