L'horreur
Written 1932-01-01 - 1932-01-01
Cette tête que j'aime encor,
La mienne,
Que je défends comme un trésor
Pour que la vieillesse n'y vienne,
Ce corps encor souple, bien fait,
Si jeune,
Que, par onctions, bains et jeûne,
Je veux garder assez parfait,
Tout cela qui vit et qui bouge,
Qui veut
Ne pas se flétrir s'il se peut,
Tout, — mes orteils teintés de rouge,
Le reste — automne de la chair
En proie,
Malgré ma lutte, à l'âge amer
Qui chiffonne, épaissit et broie,
Tout cela n'attend que le jour,
Que l'heure,
Nonobstant ces soins pleins d'amour,
Où, forcément, il faut qu'on meure.
Alors, après de tes efforts
Quand même,
(O bains, O fards, Parfums que j'aime !)
Je serai ce que sont les morts.